Compte rendu du BL du 19 octobre 2017 – L’Attente

Avions-nous trop faim, trop soif, trop envie de nous parler au fur et à mesure que nous arrivions seuls ou en groupes dans l’appartement de François ? Avions-nous inconsciemment besoin de prolonger l’attente ? Le fait est que nous avons eu beaucoup de mal à commencer la séance de lectures, pris que nous étions dans nos conversations animées.

Ce soir-là nous étions 17 réunis autour du Buffet de victuailles et de nourritures littéraires. Quelques personnes, habituellement là, absentes (Agnès Adda et Mireille Florian Diaz par exemple) d’autres exceptionnellement présentes, d’autres enfin revenues après une éclipse de plusieurs séances (Catherine Seghers et Rached).

Quand François réussit à grand peine à nous rendre silencieux et attentifs, il nous parla (à juste titre) avec enthousiasme du dernier roman d’Isabelle Minière, *Au pied de la lettre (Serge Safran, éditeur) dont il lut un passage et dont Isabelle lut également un extrait des plus désopilants (voir article  dans la rubrique « Livre du mois » du blog ) . A partir de ce moment le thème de l’attente n’était pas seulement lancé mais vécu de l’intérieur par tout un chacun et nous avons dû ronger notre frein car Isabelle était venue sans son ouvrage et nous serions donc obligés d’attendre pour le dévorer ne serait-ce que le lendemain !

François proposa alors que le thème de l’attente soit amorcé par la lecture de poèmes ou d’extraits de romans d’auteurs dits « classiques ».

Rached lut « le coin » de Guillaume Apollinaire, poème du recueil Le Guetteur mélancolique (Poésie/Gallimard)

Catherine Seghers lut un extrait de La ligne d’ombre de Conrad et Jean-Pascal Février un extrait de La Promesse de l’aube de Romain Gary : quel équilibre entre l’attente dramatique de l’un, la cocasserie irrésistible de l’autre !

Ayant pris le parti de faire précéder et suivre ma propre contribution d’un poème d’Apollinaire et de Paul Valéry, j’ai senti que lire * Telle est l’attente  serait le moment charnière après lequel il n’y aurait plus que des textes inédits.

Christian Meylhiet accompagné de son accordéon a chanté une première fois Jacques Higelin, La Rousse au Chocolat.

Par deux fois, le thème de l’attente a malicieusement été mis en abyme par rapport au Buffet littéraire : une première fois avec Isabelle Camarrieu avec son texte  *Attente  puis  *L’attente – Queshua   (jouant sur les signifiants du terme) et un peu plus tard dans la soirée, on a retrouvé cette même intention avec le texte de Nicole Goujon lu par François en l’absence de Nicole Goujon *Dix ans d’attente, à la fois clin d’œil aux dix ans du Buffet et au supplice de l’attente que chacun ressent à l’idée de lire à chaque fois sa contribution : beaucoup d’humour et de détente, une fois encore…

*Alain Minod a lu  Le moment du poème  (Petit manifeste)

*Anne Tasso Monologue intérieur 

*Isabelle Minière trois haiku Attendr

*François Minod  A suivre 

Puis Christian a de nouveau chanté Jacques Higelin, Lettre à la petite amie de l’ennemi public n°1, toujours bien évidemment accompagné de son accordéon.

Enfin Catherine Jarret a lu son texte intitulé *« Histoire d’une tour ».

Il y eut par ailleurs un petit rab avec la lecture de deux textes de François Minod extraits de Grain à moudre (Éditions Hesse, 2009) à deux voix : celle de François et de son ami comédien, Jean-Marie Villessot.

Il était temps de s’égailler dans la nuit parisienne en attendant de fêter les dix ans du Buffet !

                                                    Dominique Zinenberg.

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Compte rendu du BL du 21 septembre 2017 – Clef

Ce fut l’automne au calendrier. Durant les mois du long été, certains avaient cherché quelques auteurs à lire, quelques pages à écrire qui tous évoqueraient le mot Clef.

Après les agapes toujours finement choisies pour accompagner les verres de vin tout aussi raffiné, nous ouvrîmes le buffet littéraire.

François en cherchant par mots clés sur le Réseau, le mot précis Clef, a souligné qu’aucun roman ne proposait le mot Clef dans son titre, sinon à chercher un texte occulte du Moyen Age…

Vinrent alors des questions orthographiques pour tenter de discerner la subtile nuance entre Clé et Clef. Isabelle Minière ne manqua pas de souligner la forme du F, dont l’élégante courbure évoquait la forme de la clef. On essaya d’entrevoir l’étymologie latine, de proposer dans ce joli F, la trace du V de clavis. Ce fut fait et nous continuâmes le buffet.

Ce fut alors un inventaire du trousseau d’expressions qui associent la Clé/Clef. Même Prévert n’y aurait pas trouvé un raton laveur. Ainsi furent nommées la clef des champs, la clé du Paradis, la clé de do, d’ut et de fa, la clé à mollette, la clé USB, la clé de voute et caetera. Dans la mécanique et la boulonnerie, on retrouvera aisément une liste très complète, grâce à Wikipedia,. Nous n’avons pas proposé non plus la clé qui consiste à terrasser son adversaire, parce qu’aucun texte ne se penchait sur le sport de combat. Nous ne mentionnâmes pas non plus le village de Clefs dans le Maine et Loire, parce qu’il n’y avait aucune histoire susceptible de se dérouler dans cet endroit.

Mais fut à n’en pas douter une belle liste de textes écrits par les participants et quelques extraits choisis de grands écrivains. Et puis, juste avant les desserts, chanson et musique créées pour le film « L’an 01 » proposées joyeusement par Christian Meylhiet

Ta Clef d’Isabelle Minière,

Sésame ouvre-toi de Dominique Zinenberg,

La Carte Magnétique, haïku de Françoise Bernard,

En énigme scandée, Bordagebiules, Dimension clé d’Isabelle Camarrieu,

Liberté de Agnès Adda,

Clef à mollette de Nicole Goujon,

L’oubli de François Minod.

La clé des souvenirs de Anne Tasso.

Extraits :

des Particules Elémentaires de Houellebecq proposé par François Minod,

La Barbe Bleue de Charles Perrault par Christiane Rolin,

La Peau de Chagrin de Balzac par Mireille Diaz-Florian.

 

Compte-rendu du BL du 14 décembre 2016 – Arbre(s)

L’arbre occupe dans de nombreuses cultures une place symbolique très importante sur les plans, philosophique, politique, religieux, spirituel.

Il met en communication 3 niveaux :

– Le souterrain, par ses racines,

– La surface de la terre, par son tronc et ses premières branches,

– Les hauteurs par les branches supérieures et sa cime.

De ce fait, l’arbre est considéré comme le symbole des rapports entre la terre et le ciel. La force que lui confère sa verticalité est équilibrée par la fertilité des fruits que portent ses branches.

Sur le plan poétique et littéraire, il a inspiré une multitude d’auteurs qu’il serait vain de vouloir citer, tellement longue serait la liste.

L’arbre est par nature un signe poétique. «L’arborescence des mots,  l’efflorescence des poèmes aide à mieux voir et entendre les arbres du monde », selon le mot de Georges Jean, auteur de L’arbre en poésie.

Laissons maintenant la plume et la parole aux contributeurs du BL :

– Nicole Goujon a écrit et lu un texte  L’arbre de la liberté. A lire sur le blog.

– Isabelle Minière a écrit et lu Le mystère de la forêt.  A lire sur le blog.

– Agnès Adda a écrit et lu Paradoxale fin de Penone et Prima vox. A lire sur le blog.

– Antonia a écrit et lu Le figuier et le murier : dialogue posthume, in Qualia, (Delatour France, collection Quatuor, p50 à 56).

– Mireille Diaz Florian a écrit et lu L’arbre. A lire sur le blog.

Dominique Zinenberg a écrit et lu Prendre ombrage. A lire sur le blog.

– J’ai écrit et lu Je suis l’arbre. A lire sur le blog.

– Lise a chanté Comme un arbre dans la ville. Elle était accompagnée par Christian à l’accordéon.

– Christian a lu Le droit à la fenêtre et les arbres locataires de Hundertwasser.

– Françoise Bernard a lu un extrait de De l’âme de François Cheng.

Visiblement le thème de l’arbre a inspiré les participants du BL.

On verra si tel est le cas pour notre prochain BL qui se tiendra le 18 janvier et qui aura pour thème Reflet(s).

En attendant, bonnes fêtes à tous et au plaisir de se revoir l’an prochain.

Littérairement et poétiquement vôtre.

François Minod

Compte-rendu du BL du 9 novembre 2016 (hasard)

Dans l’amour fou, Breton décrète que  « le hasard serait la forme de manifestation de la nécessité extérieure qui se fraie un chemin dans l’inconscient humain ». Le hasard révélerait le désir inconscient de l’homme par « l’avènement » d’une cause externe qui répond à une nécessité interne. Breton soutient que l’individu qui pourrait lire dans les signes de sa vie aboutirait à un dévoilement de l’intrusion du hasard au sein de son existence. Inspiré par l’influence grandissante de la psychanalyse, l’auteur de L’amour fou, ainsi que plusieurs autres auteurs, attribuent rapidement la source, la cause de l’avènement du hasard au désir (inconscient) de l’homme. Ce qui explique peut-être le sens de l’oxymore (?) de Breton « Le hasard objectif « .

Dans la revue Philosophie, Raphael Enthoven, associe Hasard et coïncidence « Quand hasard  signifie  coïncidence, le hasard naît du fait qu’aucune intelligence humaine ne pouvant tout prévoir, l’intersection de deux séries causales a pris au dépourvu celui ou celle qui, pour le meilleur ou le pire, se trouvait à leur centre. Comment, en ce sens, ne pas tenir pour autant de hasards tous les moments où la vie bascule ? Comment ne pas croire au hasard quand, au détour d’une rue, au pied d’une statue, on croise une vieille connaissance, un assassin ou la femme de son cœur ?» Et de citer Paul Valéry :

« L’homme a appelé hasardla cause de toutes les surprises, la divinité sans visage qui préside à tous les espoirs insensés, à toutes les craintes sans mesure, qui déjoue les calculs les plus soigneux, qui change les imprudences en décisions heureuses, les plus grands hommes en jouets, les dés et les monnaies en oracles… Que m’importe si je n’ai point le billet de la loterie, que tel ou tel numéro sorte de l’urne ? Je ne suis pas sensibilisé” à cet événement Ôtez donc lhomme et son attente, tout arrive indistinctement, coquille ou caillou; mais le hasard ne fait rien au monde, – que de se faire remarquer. »

Plus proche de nous, Kundera, a du hasard une approche différente en associant le mot allemand  Grund que l’on pourrait traduire par Fondement .

« J’essaye de saisir chez chacun de mes personnages son Grund et je suis de plus en plus convaincu qu’il a le caractère d’une métaphore » dit-il dans L’immortalité. Et comme l’a très bien exposé Thierry Parent dans son étude sur Kundera « Ce qui distingue ce  fondement  de la causalité ordinaire, c’est sa possibilité d’échapper au rationnel et de faire place à l’incertitude et aux facteurs impondérables dans le récit des actes et des pensées des personnages. »

Après ces quelques pistes non exhaustives, (nous avons laissé, entre autres, de côté la croyance selon laquelle le hasard serait le signe de la providence) place maintenant aux contributeurs de ce BL :

– Agnès Adda a lu trois de ses poèmes  Au hasard Balthazar, Quitte ou double, Vues (à lire sur le blog)

– Catherine Jarett a lu un de ses poèmes Poème à Natacha (à lire sur le blog)

– Svante Svahnström a lu un de ses textes Quand j’étais une cellule dans Hocus corpus (à lire sur le blog)

– Isabelle Camarrieu  a lu un de ses textes Personnage en construction (à lire sur le blog)

– Catherine S a lu Cahier de Calamanca de Cioran

– Rached a lu Colonel D.Streamer Poèmes sans loi pour foyers sans cœur, colonel D.Streamer et Les dingues du non sens de Robert Benagoun

– Dominique a lu Thomas Hansen

– Isabelle Minière  a lu un de ses textes Coïncidences (à lire sur le blog)

– Christian a chanté une chanson de sa composition en s’accompagnant au piano Nobody knows you when you’re down and out

– J’ai lu des extraits de Nadja d’André Breton et un texte de ma composition, écrit en choisissant par hasard les occurrences proposées par mon I Pad, sans chercher à faire sens.

Après ce BL, comme toujours très convivial et créatif, nous nous sommes donné rendez-vous pour le prochain BL qui est fixé au 14 décembre et qui aura comme thème ARBRE(S).

Littérairement et poétiquement vôtre.

François Minod

 

Compte-rendu du BL du 13 octobre 2016 – Frontière(s)

On sait depuis les aventures d’Ulysse et les personnages des romans de Modiano – toujours aux frontières du passé et du présent, du jour et de la nuit, de la nuit et du brouillard – que quand on commence à flirter avec les frontières, on dépasse la question géographique pour entrer dans la question du romanesque.

C’est cette dernière question qui naturellement a retenu l’attention des contributeurs du BL. Qu’ils en soient remerciés. Ci-dessous les références des différentes interventions des participants.

NB : Nous sommes dans l’attente, Lise et moi de la plupart des textes qui ont été proposés à la lecture du BL exceptionnel de septembre et dont le thème était Abîme et bitume. Comme beaucoup le savent ce BL (ouvert au public) devait se tenir dans le quartier de la Butte aux Cailles dans le cadre du festival O+O (Haut plus haut). Ledit festival a dû être ajourné pour des raisons de sécurité invoquées par la préfecture de police de Paris. Nous avons donc au dernier moment trouvé une solution de rechange et le BL s’est déroulé dans son lieu habituel.

Laissons maintenant la parole (et la plume) aux contributeurs  du BL d’octobre :

– Brigitte Laporte a présenté le livre de Jean-Christophe Rufin, Checkpoint (Gallimard) (A lire sur le blog)

– Mireille Diaz Florian a écrit et lu Frontières (à lire sur le blog)

– Isabelle Bechu a écrit et lu Tout au bord (à lire sur le blog)

– Agnès Adda a écrit et lu Quand la froide saison (à lire sur le blog)

– Nicole Goujon a écrit Invisible frontière, qu’en son absence, j’ai lu. (A lire sur le blog)

– Isabelle Camarrieu a écrit Lorsqu’avec des amis que Svante, en son absence, a lu (en attente de réception

– Catherine Jarett a écrit et lu Lisières/Un homme court (à lire sur le blog)

– Alain a écrit et lu 2 poèmes sur le thème de Frontières (en attente de réception)

– Svante a écrit et lu L’accolade de La Gaule

– François a écrit et lu un texte Les motsmaux (à lire sur le blog)

– Jean-Pascal a lu un extrait du double de Dostoïevski

Rached a lu un extrait du journal de voyage d’Alexandra David Neel

– Catherine Seghers a lu L’immigrant de Lander road d’Apollinaire

Après cette très grande richesse de contributions, nous nous sommes donné rendez-vous le mercredi 9 novembre autour du thème Hasard

A très vite donc le plaisir de vous revoir et de partager nos agapes littéraires et terrestres.

François Minod