Compte-rendu du BL du 21 juin 2018 – La paresse

Écrire sur la paresse est un défi à relever car il faut arriver à se sortir de l’état dans lequel elle nous plonge pour pouvoir dire quelque chose à son propos. Néanmoins beaucoup d’auteurs s’y sont essayé. Que ce soit Paul Lafargue (Le droit à la paresse), Clément Pansaers ( L’apologie de la paresse ), Marc Lemonier ( Le petit livre de la paresse ) , Erik Sablé ( L’éloge de la sainte paresse ) ou Kazimir Malevitch ( La paresse comme vérité effective de l’homme ). Ce même Malevitch déclarant dans l’incipit de son livre :

 « Le travail doit être maudit, comme l’enseignent les légendes sur le paradis, tandis que la paresse doit être le but essentiel de l’homme. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. C’est cette inversion qui s’est produit. C’est cette inversion que je voudrais tirer au clair. »

Le défi a également été relevé par les personnes présentes au BL consacré à ce thème. Les absents ayant sans doute été contaminés par l’indolent virus de ladite paresse.

– Lise Lentignac a introduit le thème de façon originale en nous lisant un article qu’elle a rédigé autour du personnage de Gaston Lagaffe

– Isabelle Minière a lu un texte écrit pour le BL « Paresseux »

Dominique Zinenberg a lu un texte écrit pour le BL « Un petit traité sur la paresse »

Agnès Adda a lu un poème écrit pour le BL  « La grande verrière »

– Catherine Jarrett a lu un poème écrit pour le BL « Paresse »

– Patrick Quillier a lu  un texte de sa composition, sans titre

– Alain a improvisé sur le thème de la paresse (malheureusement, son impro n’a pas été enregistrée)

– j’ai lu un texte écrit pour le BL « La paresse »

– Isabelle Camarrieu,  absente a proposé un texte écrit par elle  La paresse (à lire sur le blog)

– Nous avons également écouté Brigitte Laporte Darbans nous présenter le livre « Point cardinal »  de Léonor Récondo  (lire la présentation dans la rubrique Livres)

Ce Buffet littéraire était le dernier de la saison 2017-2018.

Nous entamerons la onzième saison le jeudi 20 septembre. Le thème retenu est La fuite. Raison de plus pour être présents, ce dont je me réjouis.

Bon vent littéraire et bel été à toutes et à tous

François Minod

 

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CR du BL du 3 mai 2018 – Rouge

Le buffet littéraire est-il sous influence du bonheur des beaux jours revenus ? Cela est perceptible dès mon arrivée… Aujourd’hui, en dehors de notre hôte, que des femmes ! Remarque François- heureux,  bien qu’esseulé en son genre.

Les conversations vont bon train, chacune saluant les autres avec ce bonheur des relations nouées, des échanges entre chacune, et de l’attente pour mise en appétit littéraire avec un peu de vin, rouge qui ne brouille en rien notre teint – dans l’attente du démarrage de la soirée.

François déclare qu’il ne fera rien : ni l’intro, ni le compte rendu : à tout seigneur tout honneur !… Le relais se prend facilement. Mireille Diaz-Florian nous lit avec une expression gourmande les remarques de Michel Pastoureau, historien médiéviste et grand chercheur sur les couleurs. Elle a retrouvé le texte qu’il a consacré à la couleur de circonstance : rouge ; pour l’exposition du même nom. L’ambivalence de cette couleur y est explorée dans ce style très accessible, très renseigné, qui fait le charme des écrits de cet auteur. Couleur héraldique sang, couleur tonique ou menaçante, on est surpris, entre autre de savoir que Rouges étaient les robes de mariée avant le 19ème.

Dominique Zienerberg nous découvre son texte écrit pour le buffet : « Puissance du rouge », évoquant la nature, la peinture et la fonction d’appel de cette couleur dans les toiles.

Isabelle Béchu, dont l’activité d’analyste l’amène à côtoyer des phobies, nous fait part de la sienne, partagée parfois avec ses patients.  La vue du sang et son effet déplaisant : la perte de connaissance. Après cette confidence intime, qui nous touche, elle lit : « rouge sourire », une coquetterie sur le désir d’être aimée.

Agnès Adda prend la suite, et nous emmène dans une « promenade » entre sentiments, symboles et paysage …

Antonia, elle nous fait le portrait d’un grand vase , rouge évidemment, offert dans des circonstances de rapt : d’où son titre «  In vidia » : envie !

C’est autour d’Anne, qui le corps dans un mouvement et un regard un brin ironique, nous entraîne dans une histoire d’amour –qui trompe par sa première tonalité rose, bientôt rosse pour finir tout à trac dans une flaque de crime passionnel. Nous avons le souffle coupé par la fin, tombée comme un couperet !

Votre secrétaire de séance, lit « Placenta », puis un poème conte sur le rouge : le beau en Russe, pour finir sur un « pingpong » un peu fou, où l’on, me dit-on, reconnait bien.

François se prend à la malice de la désopilante satire politique (mettre à distance les despotes du monde entier) de Nicole Goujon. « Red City ».  Nous sommes toutes (allez pour une fois l’accord sera fait avec la majorité) séduites par la couleur complémentaire, ce pouvoir girouette désormais repeint en vert !

Un texte de Katel Mars, auteure haïtienne : « Dérives en rouge », nous est découvert par la voix chaude de François. Une poésie qui n’a pas froid aux yeux pour parler du désir.

Mireille nous fait déguster deux textes de Baudelaire « Harmonie du soir », et « ce ne seront jamais ces beautés de vignettes »

La soirée littéraire finit en chanson, texte d’Aragon, moins légère que mon introduction.  Reprenant les derniers mots tracés par le résistant Michel Manoukian, pour sa femme, juste avant son exécution. François interprète « 20 et 3 »,  et ses accents nous ramènent à l’essentiel.

Après un bruissement reconnaissant au chanteur et à Aragon, nous décidons de « paresse » pour la prochaine séance.

Avec ce mot d’ordre en tête, qui prendra donc le temps d’écrire pour la séance à venir ?

Isabelle Camarrieu

 

Compte rendu du BL du 28 mars 2018 – Éveil

À l’origine, c’était « Désarroi ». Mais depuis, les circonstances s’y sont mises. Des événements horribles côté actualité. Et notre ami Rached parti là-haut à la recherche d’«extraordinaiiiiiiire ». Donc inutile d’ajouter du « Désarroi » au désarroi.

Alors ce fut « Éveil ». Ce changement de thème n’ayant pas atteint toutes les consciences, il y eut toujours du « Désarroi » dans l’air (et pour causes …). Fort heureusement, La Présidence a fait preuve de mansuétude en acceptant les contributions afférentes à l’ancien thème. Merci à elle, enfin, à lui !

L’éveil renvoie à la vie et appelle le printemps (parait qu’il arrive …). L’éveil à la vie, à la beauté, à ce que l’on ne voyait pas, aux émotions, à soi, aux autres. Il ouvre à tant de ravissements qu’il en est un mot noble. L’éveil du matin, du nouveau-né, l’éveil à tout âge de la vie. L’éveil n’a que faire du temps, il nous ramène toujours au commencement d’une nouvelle aventure intérieure.

Ce BL fut comme à son habitude très riche et très varié. Des textes pleins d’émotions et de sourires, des poésies d’une grande finesse, des citations de haute volée, des livres à découvrir (tellement mieux qu’à caller les armoires !). Il y eut même des jeux de mots en veux-tu en voilà. Alors on a fait la fête à l’éveil, sans trop de désarroi.

Place maintenant aux contributeurs de ce BL inspirés par l’amour des lettres, selon la formule consacrée et non moins réelle ….

Contributions ayant trait au vrai-faux thème « Désarroi » :

  • Antonia Soulez a présenté son livre, Désarroi, Éditions Delatour. L’histoire de la recherche d’un père
  • Isabelle Minière, Désarroi puis La rivière imaginaire, textes écrits et lus par elle-même, encore toute auréolée de son éclatant succès à France Culture
  • Anne de Commines, Désarroi, un texte improvisé sur le champ et lu par elle-même. Anne a également fait mention de son recueil intitulé L’indire, Éditions JFE (Jacques Flament Éditions)

Contributions ayant trait au vrai-vrai thème « Éveil »

  • Françoise Assus, L’éveil d’un 28 mars 2018, texte inspiré par l’assassinat de Mireille Knoll. Françoise a également évoqué deux livres à lire : L’ordre du jour d’Eric Vuillard, Éditions Acte sud et La serpe de Philippe Jaenada, Éditions Julliard.
  • Catherine Jarrett, L’éveil et Dès mon réveil, écrits et lus (debout !) par elle-même
  • Nicole Goujon, L’éveil en ce jardin, écrit et lu par elle-même
  • Mireille Diaz-Florian, Éveil du Jeudi Saint, écrit et lu par elle-même
  • Alain Minod, deux poésies, écrites et lues par lui-même. François a également lu un passage de L’éloge de l’éveil in walden ou la vie dans les bois (pages 193 à 197) d’Henry David Thoreau, Éditions Augier
  • Dominique Zinenberg, De l’éveil, écrit et lu par elle-même
  • Agnès Adda, texte lu par François Minod
  • Stan Dell, Quand la chine s’éveillera, écrit et lu par lui-même

Autres contributions :

  • Nicole Goujon a présenté le livre Carambolages, d’Olivier Salon et Philippe Mouche, Éditions Cambourakis. Un recueil de textes et d’images très drôles et « décapants » (dixit Nicole), basés sur les liens entre littérature et peinture. Par exemple La laitière fait fortune, rien à voir avec une biographie de Mamie Nova !
  • Dominique Zinenberg a présenté son recueil L’intimité de l’air – Quintils à la Japonaise, Éditions Encres vives

Et ce n’est pas tout … Certains participants nous ont gratifiés de citations fort à propos :

  • Gérard Mottet :
  • Qui sait si cette autre moitié de la vie où nous pensons veiller n’est pas un autre sommeil un peu différent du premier, dont nous nous éveillons quand nous pensons dormir ? (Pascal)
  • La vraie poésie est une fonction d’éveil (Bachelard)
  • Isabelle Minière :
  • L’écriture est un assemblage (elle-même)
  • Et à tout seigneur tout honneur :
  • Il faut que les désarrois soient courts (François Minod).

Alain a conclu la soirée par un émouvant texte écrit et lu en hommage à Rached.

Pour le choix du prochain thème, la belle assemblée a vu « Rouge ». Pas de colère, de fin ; « Il y en a qui travaillent demain … ». Littérature et poésie sont bien des arts rois au BL, même les veilles de labeur !

Stan Dell

 

Compte-rendu du BL du 17 janvier 2018 (Marcher, flâner)

Marcher, penser, l’un ne va pas sans l’autre, selon Montaigne « Mon esprit ne va si les jambes ne l’habitent ».  Et plus tard Rousseau lui emboite le pas, si je puis dire. « Jamais je n’ai tant pensé, tant existé, tant vécu, tant été moi, si j’ose ainsi  dire que dans les voyages que j’ai faits seul ou à pied ».

On pourrait multiplier les écrits,  réflexions et citations des auteurs, philosophes, poètes pour qui la marche  est  liée de façon quasi consubstantielle à la pensée et à l’écriture.  De même les différentes figures de la flânerie représentent pour certains un exercice indispensable  au déploiement de la pensée.

Le magazine Philosophie Magazine consacre  un numéro hors-série au thème de la marche (et de la flânerie), c’est dire que cette activité très prisée de nos jours, est au cœur de notre être au monde depuis toujours.

« Le chemin se construit en marchant » disait le grand poète Antonio Machado.  La marche également  comme métaphore du mouvement, de la construction, de la  création. D’aucuns d’ailleurs l’ont bien compris dans la sphère politique.

Laissons maintenant la parole aux participants de notre BL  qui, après avoir bravé le froid et les intempéries sont venus partager  leur amour des mots en marche.

Anne de Commines a lu un texte de sa composition Texte urbain

Gérard Motet a lu 2 textes de sa composition  Tu marches et Il te faudra gravir

Nicole Goujon a lu un texte de sa composition  Claude

Dominique Zinenberg a lu des poèmes de sa composition Parfum d’hiver

Isabelle Minière a lu un texte de sa composition Marcher

Alain Minod a lu un poème de sa composition L’exil est dans notre royaume

Catherine Jarrett a lu 2 textes de sa composition  La pierre dans la bouche et Fable des pieds

François Minod a lu un texte de sa composition Ils marchent

Anne Provot a lu des extraits de Du côté de chez Swan et de Albertine disparue in A la recherche du temps perdu (Proust)

Agnès Adda a lu des extraits de Nadja (Breton), P.190 à 195) Pléiade

Après cette profusion littéraire de qualité, nous décidâmes de nous revoir le mercredi 14 février autour du thème PERSONNE(S). Gageons que ce BL réunira beaucoup de personnes

Bon vent littéraire et poétique

François Minod.

 

Compte rendu du BL du 20 décembre 2017 – Lettre(s) d’amour

La lettre d’amour n’est pas un genre littéraire à proprement parler. Depuis que l’homme a conscience de ses émotions, il déclare son amour. Il y a peu de temps, a été découvert en Grèce, la plus vieille chanson d’amour. Il s’agit de l’épitaphe de Seikilos où est gravé, sur une colonne de marbre, le poème accompagné d’une partition musicale. Cette mélodie, datant des Ier et IIe siècles av. J.-C, était dédiée à la mémoire d’une femme nommée Euterpe, par son mari, Seikilos. Elle commence par ces trois vers :

La pierre que je suis est une image.

Seikilos me place ici,

Signe immortel d’un souvenir éternel.

pour écouter 

Signe immortel d’un souvenir éternel….ces quelques mots d’amour gravés  arrivent à nous aujourd’hui pour rappeler cet amour passé….pour qu’il existe encore.

Et voici où je veux vous  amener : il n’y a pas de lettre d’amour sans support. Cet objet inanimé – le plus souvent une feuille de papier – anime des sentiments violents.

Ce papier sur lequel on écrit, rature, recommence. Parfois une larme tombe, dilue l’encre qui fera  trace….

 Papier qu’on plie en deux ou en quatre, qu’on met dans une enveloppe. Les sentiments sous pli, nous n’en sommes plus responsables, ils doivent vivre leur destin.

Que fera l’autre avec ce bout de papier ? Il le dépliera, deux fois, ou quatre fois, le lira, le relira puis le remettra dans son enveloppe. Il ressortira cette lettre, le cœur battant cette fois-ci à la lecture des mots amoureux, la caressera, décryptera chaque mot, chaque lettre dessinée.

La lettre tant espérée en ouvrant sa boîte aux lettres un 14 février ou encore convoitée par la jalouse  peut devenir l’objet du crime. Elle fait rougir certaines, espérer d’autres. Et malheur au mauvais destinataire ! La lettre d’amour connait très bien son pouvoir sur les âmes. Si elle tombe entre de mauvaises mains, celles-ci  peuvent jouer un mauvais tour. Se venger …

L’objet est gardé durant toute une vie, conservé parfois avec une photographie, dans son écrin enveloppant. Un bout de tissu, l’odeur du parfum. Parfois, elles sont retrouvées, chéries. Ce papier qui a été touché par l’amoureux, la lectrice/le lecteur tente de capter la sensation, la vibration de la plume, elle/il cherche à ressentir l’autre. En lisant les mots, elle/il entend la voix de l’autre.

La lettre devient sacrée. Après la disparition, elle peut être détruite par les enfants ou devenir une relique. Nombreuses correspondances d’amour ont été publiées : les mots d’Héloïse et Abélard, ceux de George Sand et Alfred Musset, Paul Eluard à Gala, Victor Hugo à Juliette Drouet, et plus récemment François Mitterrand et Anne Pingeot. L’intimité est offerte au lecteur, un troisième protagoniste entre dans leur histoire. A travers ces textes, nous nous rendons compte de l’humanité des personnes célèbres.

Aujourd’hui les messages d’amour sont dématérialisés. Vous recevez par SMS, en 300 signes, les sentiments de l’autre. Malheur à celui qui n’a pas sauvegardé ses messages. En une fraction de seconde, cet amour n’existe plus, il tombe dans le néant. L’autre disparait, l’histoire est oubliée.

Une lettre pour ne pas oublier…..

 

 

Place maintenant aux contributeurs de ce BL inspirés par l’amour des lettres….

  • Brigitte Laporte nous a présenté un livre Cour nord, d’Antoine Choplin, Edition du Rouergue, 2010 (à lire ici).
  • Chanson avec accordéon : Christian Meylet La mort me hante, Sphynx de nuit de Colette Magny.

 

Autres contributions :

 

  • Agnès Adda a lu un extrait de Aurélia Steiner (de Vancouver, premières pages P.125-127) de Marguerite Duras
  • Mireille Diaz-Florian a lu Lettres à Poisson d’or de Joë Bousquet
  • Dominique Zinenberg a lu Lettre d’amour de Roland Barthes in Fragments d’un discours amoureux
  • Gérard Mottet a lu L’amour existe in Poétique de la rêverie, P7
  • Christian Rolin a lu Lettre de Georges Sand à Musset
  • Jocelyne Roudier a lu Lettre de Juliette à Victor Hugo et Lettre d’Antoine de Saint Exupéry à une inconnue.
  • Isabelle Minière a lu Chanson sans parole de Jacques Brel

Le prochain rendez-vous du BL aura lieu le mercredi 17 janvier. Le thème, dans la continuité de la rêverie, est « Marcher, flâner ».

Lise Lentignac

 

Compte rendu du BL du 19 octobre 2017 – L’Attente

Avions-nous trop faim, trop soif, trop envie de nous parler au fur et à mesure que nous arrivions seuls ou en groupes dans l’appartement de François ? Avions-nous inconsciemment besoin de prolonger l’attente ? Le fait est que nous avons eu beaucoup de mal à commencer la séance de lectures, pris que nous étions dans nos conversations animées.

Ce soir-là nous étions 17 réunis autour du Buffet de victuailles et de nourritures littéraires. Quelques personnes, habituellement là, absentes (Agnès Adda et Mireille Florian Diaz par exemple) d’autres exceptionnellement présentes, d’autres enfin revenues après une éclipse de plusieurs séances (Catherine Seghers et Rached).

Quand François réussit à grand peine à nous rendre silencieux et attentifs, il nous parla (à juste titre) avec enthousiasme du dernier roman d’Isabelle Minière, *Au pied de la lettre (Serge Safran, éditeur) dont il lut un passage et dont Isabelle lut également un extrait des plus désopilants (voir article  dans la rubrique « Livre du mois » du blog ) . A partir de ce moment le thème de l’attente n’était pas seulement lancé mais vécu de l’intérieur par tout un chacun et nous avons dû ronger notre frein car Isabelle était venue sans son ouvrage et nous serions donc obligés d’attendre pour le dévorer ne serait-ce que le lendemain !

François proposa alors que le thème de l’attente soit amorcé par la lecture de poèmes ou d’extraits de romans d’auteurs dits « classiques ».

Rached lut « le coin » de Guillaume Apollinaire, poème du recueil Le Guetteur mélancolique (Poésie/Gallimard)

Catherine Seghers lut un extrait de La ligne d’ombre de Conrad et Jean-Pascal Février un extrait de La Promesse de l’aube de Romain Gary : quel équilibre entre l’attente dramatique de l’un, la cocasserie irrésistible de l’autre !

Ayant pris le parti de faire précéder et suivre ma propre contribution d’un poème d’Apollinaire et de Paul Valéry, j’ai senti que lire * Telle est l’attente  serait le moment charnière après lequel il n’y aurait plus que des textes inédits.

Christian Meylhiet accompagné de son accordéon a chanté une première fois Jacques Higelin, La Rousse au Chocolat.

Par deux fois, le thème de l’attente a malicieusement été mis en abyme par rapport au Buffet littéraire : une première fois avec Isabelle Camarrieu avec son texte  *Attente  puis  *L’attente – Queshua   (jouant sur les signifiants du terme) et un peu plus tard dans la soirée, on a retrouvé cette même intention avec le texte de Nicole Goujon lu par François en l’absence de Nicole Goujon *Dix ans d’attente, à la fois clin d’œil aux dix ans du Buffet et au supplice de l’attente que chacun ressent à l’idée de lire à chaque fois sa contribution : beaucoup d’humour et de détente, une fois encore…

*Alain Minod a lu  Le moment du poème  (Petit manifeste)

*Anne Tasso Monologue intérieur 

*Isabelle Minière trois haiku Attendr

*François Minod  A suivre 

Puis Christian a de nouveau chanté Jacques Higelin, Lettre à la petite amie de l’ennemi public n°1, toujours bien évidemment accompagné de son accordéon.

Enfin Catherine Jarret a lu son texte intitulé *« Histoire d’une tour ».

Il y eut par ailleurs un petit rab avec la lecture de deux textes de François Minod extraits de Grain à moudre (Éditions Hesse, 2009) à deux voix : celle de François et de son ami comédien, Jean-Marie Villessot.

Il était temps de s’égailler dans la nuit parisienne en attendant de fêter les dix ans du Buffet !

                                                    Dominique Zinenberg.

Compte rendu du BL du 21 septembre 2017 – Clef

Ce fut l’automne au calendrier. Durant les mois du long été, certains avaient cherché quelques auteurs à lire, quelques pages à écrire qui tous évoqueraient le mot Clef.

Après les agapes toujours finement choisies pour accompagner les verres de vin tout aussi raffiné, nous ouvrîmes le buffet littéraire.

François en cherchant par mots clés sur le Réseau, le mot précis Clef, a souligné qu’aucun roman ne proposait le mot Clef dans son titre, sinon à chercher un texte occulte du Moyen Age…

Vinrent alors des questions orthographiques pour tenter de discerner la subtile nuance entre Clé et Clef. Isabelle Minière ne manqua pas de souligner la forme du F, dont l’élégante courbure évoquait la forme de la clef. On essaya d’entrevoir l’étymologie latine, de proposer dans ce joli F, la trace du V de clavis. Ce fut fait et nous continuâmes le buffet.

Ce fut alors un inventaire du trousseau d’expressions qui associent la Clé/Clef. Même Prévert n’y aurait pas trouvé un raton laveur. Ainsi furent nommées la clef des champs, la clé du Paradis, la clé de do, d’ut et de fa, la clé à mollette, la clé USB, la clé de voute et caetera. Dans la mécanique et la boulonnerie, on retrouvera aisément une liste très complète, grâce à Wikipedia,. Nous n’avons pas proposé non plus la clé qui consiste à terrasser son adversaire, parce qu’aucun texte ne se penchait sur le sport de combat. Nous ne mentionnâmes pas non plus le village de Clefs dans le Maine et Loire, parce qu’il n’y avait aucune histoire susceptible de se dérouler dans cet endroit.

Mais fut à n’en pas douter une belle liste de textes écrits par les participants et quelques extraits choisis de grands écrivains. Et puis, juste avant les desserts, chanson et musique créées pour le film « L’an 01 » proposées joyeusement par Christian Meylhiet

Ta Clef d’Isabelle Minière,

Sésame ouvre-toi de Dominique Zinenberg,

La Carte Magnétique, haïku de Françoise Bernard,

En énigme scandée, Bordagebiules, Dimension clé d’Isabelle Camarrieu,

Liberté de Agnès Adda,

Clef à mollette de Nicole Goujon,

L’oubli de François Minod.

La clé des souvenirs de Anne Tasso.

Extraits :

des Particules Elémentaires de Houellebecq proposé par François Minod,

La Barbe Bleue de Charles Perrault par Christiane Rolin,

La Peau de Chagrin de Balzac par Mireille Diaz-Florian.

 

Compte-rendu du BL du 14 décembre 2016 – Arbre(s)

L’arbre occupe dans de nombreuses cultures une place symbolique très importante sur les plans, philosophique, politique, religieux, spirituel.

Il met en communication 3 niveaux :

– Le souterrain, par ses racines,

– La surface de la terre, par son tronc et ses premières branches,

– Les hauteurs par les branches supérieures et sa cime.

De ce fait, l’arbre est considéré comme le symbole des rapports entre la terre et le ciel. La force que lui confère sa verticalité est équilibrée par la fertilité des fruits que portent ses branches.

Sur le plan poétique et littéraire, il a inspiré une multitude d’auteurs qu’il serait vain de vouloir citer, tellement longue serait la liste.

L’arbre est par nature un signe poétique. «L’arborescence des mots,  l’efflorescence des poèmes aide à mieux voir et entendre les arbres du monde », selon le mot de Georges Jean, auteur de L’arbre en poésie.

Laissons maintenant la plume et la parole aux contributeurs du BL :

– Nicole Goujon a écrit et lu un texte  L’arbre de la liberté. A lire sur le blog.

– Isabelle Minière a écrit et lu Le mystère de la forêt.  A lire sur le blog.

– Agnès Adda a écrit et lu Paradoxale fin de Penone et Prima vox. A lire sur le blog.

– Antonia a écrit et lu Le figuier et le murier : dialogue posthume, in Qualia, (Delatour France, collection Quatuor, p50 à 56).

– Mireille Diaz Florian a écrit et lu L’arbre. A lire sur le blog.

Dominique Zinenberg a écrit et lu Prendre ombrage. A lire sur le blog.

– J’ai écrit et lu Je suis l’arbre. A lire sur le blog.

– Lise a chanté Comme un arbre dans la ville. Elle était accompagnée par Christian à l’accordéon.

– Christian a lu Le droit à la fenêtre et les arbres locataires de Hundertwasser.

– Françoise Bernard a lu un extrait de De l’âme de François Cheng.

Visiblement le thème de l’arbre a inspiré les participants du BL.

On verra si tel est le cas pour notre prochain BL qui se tiendra le 18 janvier et qui aura pour thème Reflet(s).

En attendant, bonnes fêtes à tous et au plaisir de se revoir l’an prochain.

Littérairement et poétiquement vôtre.

François Minod

Compte-rendu du BL du 9 novembre 2016 (hasard)

Dans l’amour fou, Breton décrète que  « le hasard serait la forme de manifestation de la nécessité extérieure qui se fraie un chemin dans l’inconscient humain ». Le hasard révélerait le désir inconscient de l’homme par « l’avènement » d’une cause externe qui répond à une nécessité interne. Breton soutient que l’individu qui pourrait lire dans les signes de sa vie aboutirait à un dévoilement de l’intrusion du hasard au sein de son existence. Inspiré par l’influence grandissante de la psychanalyse, l’auteur de L’amour fou, ainsi que plusieurs autres auteurs, attribuent rapidement la source, la cause de l’avènement du hasard au désir (inconscient) de l’homme. Ce qui explique peut-être le sens de l’oxymore (?) de Breton « Le hasard objectif « .

Dans la revue Philosophie, Raphael Enthoven, associe Hasard et coïncidence « Quand hasard  signifie  coïncidence, le hasard naît du fait qu’aucune intelligence humaine ne pouvant tout prévoir, l’intersection de deux séries causales a pris au dépourvu celui ou celle qui, pour le meilleur ou le pire, se trouvait à leur centre. Comment, en ce sens, ne pas tenir pour autant de hasards tous les moments où la vie bascule ? Comment ne pas croire au hasard quand, au détour d’une rue, au pied d’une statue, on croise une vieille connaissance, un assassin ou la femme de son cœur ?» Et de citer Paul Valéry :

« L’homme a appelé hasardla cause de toutes les surprises, la divinité sans visage qui préside à tous les espoirs insensés, à toutes les craintes sans mesure, qui déjoue les calculs les plus soigneux, qui change les imprudences en décisions heureuses, les plus grands hommes en jouets, les dés et les monnaies en oracles… Que m’importe si je n’ai point le billet de la loterie, que tel ou tel numéro sorte de l’urne ? Je ne suis pas sensibilisé” à cet événement Ôtez donc lhomme et son attente, tout arrive indistinctement, coquille ou caillou; mais le hasard ne fait rien au monde, – que de se faire remarquer. »

Plus proche de nous, Kundera, a du hasard une approche différente en associant le mot allemand  Grund que l’on pourrait traduire par Fondement .

« J’essaye de saisir chez chacun de mes personnages son Grund et je suis de plus en plus convaincu qu’il a le caractère d’une métaphore » dit-il dans L’immortalité. Et comme l’a très bien exposé Thierry Parent dans son étude sur Kundera « Ce qui distingue ce  fondement  de la causalité ordinaire, c’est sa possibilité d’échapper au rationnel et de faire place à l’incertitude et aux facteurs impondérables dans le récit des actes et des pensées des personnages. »

Après ces quelques pistes non exhaustives, (nous avons laissé, entre autres, de côté la croyance selon laquelle le hasard serait le signe de la providence) place maintenant aux contributeurs de ce BL :

– Agnès Adda a lu trois de ses poèmes  Au hasard Balthazar, Quitte ou double, Vues (à lire sur le blog)

– Catherine Jarett a lu un de ses poèmes Poème à Natacha (à lire sur le blog)

– Svante Svahnström a lu un de ses textes Quand j’étais une cellule dans Hocus corpus (à lire sur le blog)

– Isabelle Camarrieu  a lu un de ses textes Personnage en construction (à lire sur le blog)

– Catherine S a lu Cahier de Calamanca de Cioran

– Rached a lu Colonel D.Streamer Poèmes sans loi pour foyers sans cœur, colonel D.Streamer et Les dingues du non sens de Robert Benagoun

– Dominique a lu Thomas Hansen

– Isabelle Minière  a lu un de ses textes Coïncidences (à lire sur le blog)

– Christian a chanté une chanson de sa composition en s’accompagnant au piano Nobody knows you when you’re down and out

– J’ai lu des extraits de Nadja d’André Breton et un texte de ma composition, écrit en choisissant par hasard les occurrences proposées par mon I Pad, sans chercher à faire sens.

Après ce BL, comme toujours très convivial et créatif, nous nous sommes donné rendez-vous pour le prochain BL qui est fixé au 14 décembre et qui aura comme thème ARBRE(S).

Littérairement et poétiquement vôtre.

François Minod

 

Compte-rendu du BL du 13 octobre 2016 – Frontière(s)

On sait depuis les aventures d’Ulysse et les personnages des romans de Modiano – toujours aux frontières du passé et du présent, du jour et de la nuit, de la nuit et du brouillard – que quand on commence à flirter avec les frontières, on dépasse la question géographique pour entrer dans la question du romanesque.

C’est cette dernière question qui naturellement a retenu l’attention des contributeurs du BL. Qu’ils en soient remerciés. Ci-dessous les références des différentes interventions des participants.

NB : Nous sommes dans l’attente, Lise et moi de la plupart des textes qui ont été proposés à la lecture du BL exceptionnel de septembre et dont le thème était Abîme et bitume. Comme beaucoup le savent ce BL (ouvert au public) devait se tenir dans le quartier de la Butte aux Cailles dans le cadre du festival O+O (Haut plus haut). Ledit festival a dû être ajourné pour des raisons de sécurité invoquées par la préfecture de police de Paris. Nous avons donc au dernier moment trouvé une solution de rechange et le BL s’est déroulé dans son lieu habituel.

Laissons maintenant la parole (et la plume) aux contributeurs  du BL d’octobre :

– Brigitte Laporte a présenté le livre de Jean-Christophe Rufin, Checkpoint (Gallimard) (A lire sur le blog)

– Mireille Diaz Florian a écrit et lu Frontières (à lire sur le blog)

– Isabelle Bechu a écrit et lu Tout au bord (à lire sur le blog)

– Agnès Adda a écrit et lu Quand la froide saison (à lire sur le blog)

– Nicole Goujon a écrit Invisible frontière, qu’en son absence, j’ai lu. (A lire sur le blog)

– Isabelle Camarrieu a écrit Lorsqu’avec des amis que Svante, en son absence, a lu (en attente de réception

– Catherine Jarett a écrit et lu Lisières/Un homme court (à lire sur le blog)

– Alain a écrit et lu 2 poèmes sur le thème de Frontières (en attente de réception)

– Svante a écrit et lu L’accolade de La Gaule

– François a écrit et lu un texte Les motsmaux (à lire sur le blog)

– Jean-Pascal a lu un extrait du double de Dostoïevski

Rached a lu un extrait du journal de voyage d’Alexandra David Neel

– Catherine Seghers a lu L’immigrant de Lander road d’Apollinaire

Après cette très grande richesse de contributions, nous nous sommes donné rendez-vous le mercredi 9 novembre autour du thème Hasard

A très vite donc le plaisir de vous revoir et de partager nos agapes littéraires et terrestres.

François Minod