Chers amis,

Le thème du BL du 6 Mars était consacré, je le rappelle au silence, vaste thème, qui peut
paraitre paradoxal, s’agissant de littérature qui par nature est le domaine du langage et des
mots. Mais quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit que la littérature et le théâtre,
notamment contemporain, accordent au silence une place prépondérante. Il est intéressant
de noter que par exemple, la pièce « Fin de partie » de Beckett comporte pas moins de 400
didascalies « Un temps », comme si elle était une partition constellée de pauses.

De façon plus générale le silence habite, sur de multiples modes, la littérature. Tantôt introduit
par l’idée que les mots ne suffisent pas ou suffisent peu, tantôt par la crainte de trop dire
inutilement, le silence est un lieu commun de la littérature, un topos qui fait partie intégrante
de nombreuses œuvres littéraires.

Venons-en maintenant aux contributions de cette soirée, en commençant par deux ouvrages
qui nous ont été présentés:

Le premier s’intitule La passagère du silence de Fabienne Verdier (Albin Michel)
magistralement présenté par Brigitte.

Le second ouvrage s’intitule Le silence de la mer de Vercors (Albin Michel). N’ayant pas
rédigé de texte sur ma présentation succincte, je me propose d’en dire deux mots.
Il s’agit en fait d’une nouvelle écrite pendant les premiers mois de l’occupation allemande. Un
officier allemand s’invite dans une famille française composée d’un oncle et de sa nièce. Le
silence qu’ils opposent à l’officier est absolu malgré les tentatives de ce dernier de faire bonne
figure et d’initier la conversation, qui tourne immanquablement, soir après soir, au soliloque.
La pureté du style, la force de l’expression, le sentiment du pathétique font de cet ouvrage très
succinct un chef d’œuvre lu dans le monde entier.

Après la présentation de ces deux ouvrages nous avons écouté :
– Catherine lire un texte de Keneth White « les limbes incandescentes »
– Françoise Bernard lire un poème d’Aragon « Je suis plein du silence étourdissant d’aimer »
(Le fou d’Elsa)
– Nicole lire un texte de sa composition « Silence on tourne » (en ligne dans la même
rubrique)
– Patrick Aspe lire un poème de sa composition « Art sorcier antécédent absolu du silence »
(en ligne dans la même rubrique)
– Kader lire un de ses poèmes « En toi, en moi, meurt le silence »
– Votre serviteur lire un texte de Stan (absent le soir du BL) « Silence, on tourne » (en ligne
dans la même rubrique)
– Agnès lire plusieurs de ses poèmes (en ligne dans la même rubrique)
Votre serviteur lire un de ses textes intitulé « la mer » (en ligne dans la même rubrique)
Et, last but not least Françoise nous a charmés en chantant « Un grand sommeil noir » de
Verlaine ( mis en musique par elle même) et « Marche nuptiale » de Brassens.

Ainsi le silence nous a occupés durant toute cette soirée, on entendait les mouches voler et les
anges passer.

Le prochain BL (mercredi 17 avril), on entendra les portes grincer, et on verra des gouttes
de sueur perler sur les fronts inquiets des hôtes de la soirée. Le thème choisi est, je le
rappelle : la peur.

A tout bientôt.

François Minod

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