On n’en peut plus des mots, ça parle de partout, ça déborde,

ça crie aussi, ça pleure, ça mord, ça éructe, ça inonde, et ça bruisse aussi, de plaisir,

ça roucoule, ça tue aussi parfois pour de faux et pour de vrai aussi.

C’est bavard les mots, ça se joue de soi, ça joue avec soi, ça échappe aussi,

on les cherche les mots en soi,

pour le dire enfin tout ça qui reste au-dedans de soi, qui n’en peut plus de rester ;

et ça parle pourtant, ça piaffe, c’est une foule, on s’y perd, toutes ces voix en soi,

mais aucune qui puisse dire ça qu’on a en soi

qui déchire la peau du dedans depuis si longtemps.

Grain à moudre (Editions Hesse, 2009)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s