Hommage au Mage d’un autre âge qui confusionne de barbouillages le visage du sauvage. Celui-ci n’est pas à son avantage ; subissant, de plus, l’assommant bavardage du mage en nage qui, finalement, le noie dans son breuvage. Le Mage, maître de l’orage, mouche la foudre dans la soie de ses foulards ; les roule en boule, puis les jette au fond de sa malle noire. La malle les avale, les digère, et opère secrètement, se jouant de tous.

C’est la lettre « i » la coupable ! C’est elle la voyelle chamboule-tout. Elle a la bougeotte. Ne pense qu’à muter. Renverse et brouille les cartes. Moteur d’anagrammes, en tête du mot image elle migre en queue du mot magie, et de magie elle fait image. Le « i » est une baguette magique !

La malle mystérieuse vidée de ses philtres maléfiques, herbes illicites, décoctions diaboliques, potions chamaniques, essences exotiques, parfums chimiques, déborde de jeux de cartes, de balles, d’allumettes, de cordelettes, de colombes, de lapins, de dollars, et moult accessoires.

La malle magique embarque les foulards et les fous. Les fous jouent à colin-maillard. Avec les foulards, bandent et bâillonnent les figures alliées et transparentes des badauds. Le magicien plonge les bras au fond de la malle. En sort un croissant de lune qu’il plaque sur sa bouche ; maintenant il sourit sans se lasser. Ses longs doigts pâles battent en ailes de papillon, plus rapides que ceux du pianiste, froissent des couleurs fugitives, nous arrachent des oh ! et des ah !

La malle secrète apparaît dans un halo de rêves et de peurs. Malle des amours ; des amours qui-vont-bien-qui-vont-mal, des sentiments qui mentent. Malle à malices, à délices, à sévices, à supplices. Devine où est passé l’as de coeur ? Et le pouce fantôme ?… Devant nos yeux, les corps lévitent, indécents, sciés en leur milieu ; la tête roule dans la malle ; ça nous effraie, ça nous fait mal pour eux les amoureux ; on cache ses yeux.

Le magicien joue au camelot. Pitre bateleur palabre haut. Jeux de cape et de passe-passe. Barbarismes et onomatopées échouent dans la malle, tombeau des mots, cercueil des sons. Les cartes sont jouées. Le tour est passé. Nous n’avons vu que du feu !

Poète, voici que tu te glisses sur la scène de l’enchantement. Tu lances tes mots, balles légères et vibrantes. Ta baguette plonge dans l’encre magique. Les badauds, ballots et balourds entendent ta voix. A leurs pieds, une malle close, muette, lestée de dictionnaires jamais ouverts et d’images sagement oubliées. Tes mains fouillent et sortent des galets stellaires que tu te plais à tamiser, taillader, étriller, maçonner, les lustrant d’incandescente violence et de douceur surnaturelle.

Hommage au Mage !… A ton tour, tu fais ton tour ! Tu enroules des métaphores, dénoues des métamorphoses, pénètres le cœur des enfants ou des amants, c’est selon. Selon les illusions perdues. Selon les émerveillements retrouvés.

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