C’est à l’ombre d’un tilleul, assis sur une de ces chaises certes peu confortables mais qui invitent malgré tout au voyage des songes et de l’imaginaire que Claude se posa enfin. Le ciel d’été était limpide, le murmure de la cascade apaisant, la brise qui venait des confins de la forêt rafraichissait l’air et faisait danser sur les eaux topazes de la petite rivière des reflets d’argent qui apportaient à cette carte postale une douceur de vivre enviable et délectable. Les oiseaux montraient d’ailleurs sans conteste leur bonheur à voler dans cette atmosphère. 

 

Ainsi détendu, Claude huma avec délice le parfum enivrant de cette nature flamboyante pour s’entourer de ses pensées hautes en couleurs qui jouent à cache-cache et qui lui donnent de temps en temps le vertige. Il profitait pleinement de cette beauté avoisinante, de tout ce qui s’offrait devant ses yeux. Il se sentait apaisé et essayait de se concentrer… Mais il n’y arrivait pas. Pourquoi ? Etait-ce la diversité de ces idylliques paysages…? Etait-ce le chant de ces oiseaux ? Etait-ce la pression ?

 

En fait il attendait qu’elle apparaisse, que cette image des couleurs apparaisse. Il attendait et attendait, et plus il attendait plus il remarquait son manque de patience, mais il savait que l’espoir n’était que cela : Attendre. Mais pourquoi aussi s’impatienter…. ici tout portait à la quiétude, à la tranquillité et à prendre son temps justement.

 

Il se laissa alors aller à des vagues rêveries, à une échappée, une cavale sans frein qui franchit les torrents, escalade les monts et les espaces avec l’âpre désir de gravir les cimes de la magnificence.

 

En effet quand un artiste s’exerce à son art, il sent ce qui doit être, il comprend qu’à tel endroit il faut ceci, à tel autre cela. Il compose avant tout un tableau qu’on voit ne pas. Il a en quelque sorte cette sensation que chose de transcendant peut éclore à tout moment. Il sent dans le cœur comme l’écho lointain de toutes les passions, de toute la beauté du monde qu’il va mettre au jour. Il se tient juste prêt, disposé, ouvert à franchir le cap ou son être transformera un simple carré blanc en une beauté imprégnée de sa quintessence. 

 

Et en définitive, quand l’âme du maître irradiera notre subconscient, quand l’essence singulière subsistera à travers les âges, on ne pourra que s’extasier encore et encore devant cette simple signature : Claude Monet.

 

 

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